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Un
dimanche au bord de l'eau
Le temps de ce dimanche
de printemps s'annonce radieux. Claude, le père de famille,
propose à sa femme Jeanne et à ses deux filles,
une escapade en bord de Seine, à la Maison Fournaise,
au Vésinet, là où il y a bal et manèges.
Les deux fillettes et la maman accueillent cette idée
avec des exclamations de joie, d'autant que Claude avait promis:
" Frites, moules et manège pour tout le monde
! ". C'était le bonheur!
Hélas, après les cornets de frites et quelques
tours de manège, un vrai déluge inonde les pelouses.
Les plaisanciers pataugent dans la boue. Presque une inondation
! La foule est tellement dense que les parapluies ne cessent
de s'entrechoquer, de s'emmêler même. Tout le monde
veut se mettre à l'abri. Claude dit à Jeanne de
chercher un endroit sec pour elle et ses enfants, lui doit aller
voir des copains de travail à l'île de Puteaux puis
revenir rapidement.
Pour Jeanne et les enfants, pas un coin pour se protéger
! Elles restent là, dans la foule, dégoulinantes
de pluie. L'aînée, Emilie, tient sa petite sur
et son cerceau, serrée tout contre elle de peur qu'elle
ne se perde dans la foule. Emilie lit l'inquiétude sur
le visage de sa maman : elle sait qu'elle a peur de l'orage et
que papa n'est pas là. La pluie qui redouble empêche
Emilie de voir les larmes qui coulent sur le visage de sa maman.
Elle sait que Claude lui a menti : il ne travaille jamais le
dimanche. Toute à ses pensées, elle ne voit même
pas le beau jeune homme à ses côtés qui tente
d'attirer son attention, pas plus que la jeune fille avec son
panier qui vend des fichus pour se protéger de la pluie
Elle pense que son Claude va aller boire dans un estaminet quelconque.
Avec des grisettes même peut-être.
Après presque une heure, la pluie cesse. Les parapluies
se ferment, le soleil revient. Nos trois abandonnées marchent
un peu entre les flaques d'eau et, tout à coup, c'est
Claude qui apparaît, son Claude, leur papa chéri
qui est vite revenu. Ce ne sont plus que sourires et embrassades.
" Je me suis dépêché, dit Claude.
Mes trois copains, Emile, Roland et Pierre te donnent le bonjour
". C'est le bonheur ! Ce sera toujours le bonheur en
dépit des orages.
Daniel |